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Accompagner les personnes atteintes de handicap mental sur les réseaux sociaux

Outils d’ouverture au monde et d’inclusion sociale, les réseaux sociaux favorisent la communication, l’information et l’autonomie des personnes handicapées accueillies dans les structures spécialisées. Cependant, face à la recrudescence des menaces, l’éducation au numérique est devenue indispensable pour les publics vulnérables comme pour les professionnels du médico-social. Quels sont les risques encourus ? Comment éduquer aux médias les accompagnants et personnes en situation de handicap ?

1. Les réseaux sociaux, un moyen de communication pour les personnes en situation de handicap mental

Dans les établissements, les personnes porteuses de handicap mental léger utilisent abondamment Internet. Certains ont des comptes Facebook ou Instagram, d’autres surfent sur YouTube pour écouter de la musique ou regarder des vidéos. Cette ouverture vers l’extérieur et aux autres a des effets bénéfiques sur la vie sociale de ces personnes. Au quotidien, Internet et les réseaux sociaux favorisent l’accès aux services et à l’information dans différents domaines, permettant de compenser le handicap en :

  • Facilitant l’accès aux droits (démarches administratives, obtention d’aides, paiement des impôts…) ;
  • Permettant de trouver un emploi ou un stage, de se former à distance, de télétravailler, notamment grâce à LinkedIn ;
  • Améliorant la vie sociale et affective à travers des activités comme regarder des vidéos sur YouTube, écouter de la musique, discuter sur les réseaux sociaux, faire des rencontres ;
  • Favorisant la communication par d’autres usages que la parole pour exprimer ses émotions : émoticônes, écriture, images, GIF ;
  • Contribuant à l’autonomie : achats de biens ou services en autonomie, accès à l’information…

Si cet usage apporte une plus-value importante à toutes celles et ceux qui maîtrisent ces technologies, elle peut également être source de grandes difficultés pour ces publics vulnérables.

2. Réseaux sociaux et handicap : se prémunir des risques liés aux réseaux sociaux

Les personnes en situation de handicap mental sont plus fragiles face aux dangers des réseaux sociaux, notamment car elles ont besoin de reconnaissance et de valorisation. Les pièges sont aussi difficiles à identifier car leur perception et l’abstraction est compliquée.

L’exacerbation de certains troubles

L’utilisation des réseaux sociaux comporte un risque d’augmentation de l’anxiété : peurs, sentiment de persécution. Elle peut aussi accroître le risque d’isolement ou de repli sur soi. En corollaire, certaines personnes adoptent un comportement addictif ou compulsif à l’outil numérique : achats compulsifs, décrochage des réseaux et des jeux en ligne de plus en plus difficile… Avec pour conséquence l’aggravation de certains troubles mentaux existants.

La cybercriminalité : arnaques, harcèlement, pornographie, pédophilie

Les dangers présents pour les enfants et adolescents, comme le risque de cyberharcèlement, le chantage avec des photos dénudées, les rencontres malsaines se posent aussi chez les personnes handicapées. Ces dernières sont d’autant plus vulnérables face aux menaces qu’elles sont à la fois demandeuses de contacts sociaux et ignorantes des dangers encourus. Les résidents sont aussi les cibles privilégiées des arnaqueurs et pirates du web. Souvent, le personnel accompagnant s’aperçoit trop tard de l’arnaque dont est victime la personne accueillie (quand elle s’en aperçoit !). 

La désinformation

La quantité d’informations qui circulent sur les réseaux sociaux est telle qu’il est difficile pour n’importe qui de trier les “bonnes” informations des « fake news ». C’est encore plus vrai pour les personnes atteintes de handicap qui ont moins accès aux mises en garde, ni les mêmes capacités de discernement.

3. Sensibiliser équipe et résidents à l’usage des médias sociaux

De même qu’en milieu ordinaire, les réseaux sociaux font pleinement partie du quotidien des personnes handicapées accueillies dans les établissements spécialisés. Dès lors, la mission d’accompagnement des professionnels impose de guider les résidents et travailleurs handicapés à un usage sécurisé de ces réseaux. Les personnes accueillies et leurs encadrants devraient être sensibilisés sur un ensemble de problématiques, parmi lesquelles :

  • Comment fonctionne un réseau social ?
  • Comment protéger sa vie privée lorsqu’on publie un post ou une image ?
  • Comment identifier les personnes malveillantes et les arnaques ?
  • Vers qui se tourner lorsqu’il y a arnaque ou cyberharcèlement ?
  • Quelles sont les sanctions en cas de téléchargement illégal ?
  • Comment éviter les pièges des faux profils ?
  • Quelles informations personnelles ne pas divulguer ? 
  • Qu’est-ce que le tracking, la sextorsion, le piratage ?

Exemple d’outil édité par la CNIL pour sensibiliser aux risques sur Internet

Pour ce faire, plusieurs actions sont envisageables pour les structures médico-sociales :

– Faire appel aux services de la Police Nationale, qui intervient non seulement en milieu scolaire, mais peut aussi faire de la prévention dans les établissements recevant du public porteur de handicap. 

– Déployer des formations à l’usage du numérique en direction des usagers et des accompagnants.

– Utiliser les outils mis à disposition des professionnels, comme ceux de la CNIL ou d’EducNum.

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