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Syndrome du bébé secoué : un traumatisme qui peut être fatal

Le syndrome du bébé secoué, également nommé traumatisme crânien non accidentel, est un type de maltraitance qui entraîne bien souvent des séquelles graves et irréversibles pour le nourrisson qui en est victime. C’est pourquoi les adultes qui sont amenés à garder l’enfant doivent être alertés des nombreux dégâts qu’ils peuvent causer en le secouant brutalement. Il est également primordial que les professionnels du secteur social et médico-social soient solidement formés afin d’apporter les solutions nécessaires aux familles confrontées à cette situation. Comment repérer les signes du bébé secoué ? Comment réagir et faire de la prévention auprès du public ? Faisons le point sur ce syndrome qui peut être mortel.

Qu’est-ce que le syndrome du bébé secoué ?

On parle de syndrome du bébé secoué (SBS) quand un tout-petit fait l’objet de secousses violentes volontaires de la part d’une personne adulte, qui le saisit le plus souvent sous les aisselles. Sa tête ballotte dans tous les sens entraînant des chocs de son cerveau contre les parois du crâne. Les muscles du cou d’un nouveau-né sont encore trop fragiles pour soutenir sa tête. Tout mouvement brutal et répété peut entraîner un arrêt respiratoire ainsi que des lésions cérébrales extrêmement graves, même s’il n’y a pas eu de choc sur la tête du bébé. Cela peut parfois entraîner un coma.

Dans la plupart des cas, les bébés qui en sont victimes sont âgés de moins d’un an. Les nourrissons de moins de 6 mois sont particulièrement touchés du fait de leur fragilité.

Chaque année, des centaines d’enfants sont concernés par cet acte brutal, et les récidives sont nombreuses.

Quelles sont les causes du syndrome du bébé secoué ?

Même si ce type de violence peut survenir dans toutes les familles, certains facteurs augmentent ce risque de geste brusque envers un petit enfant :

Bébé pleure intensément

Quand l’enfant pleure beaucoup et que rien ne le console, cela peut déclencher un fort stress et agacement de la part de la personne qui s’en occupe. C’est bien souvent l’élément déclencheur. L’adulte secoue le bébé pour qu’il se calme, mais cela a l’effet inverse, ce qui le pousse à le malmener encore plus. Même si le parent ou l’assistante maternelle peut avoir conscience que le tout-petit ne le fait pas exprès, la colère devient incontrôlable, car le bruit incessant des pleurs est insupportable.

À titre d’exemple, de nombreux nourrissons sont sujets au reflux gastro-œsophagien, qui entraîne des régurgitations et provoque des douleurs. Certains bébés pleurent de manière presque continue. Quand cela dure des semaines, voire des mois, l’adulte peut finir par craquer.

Bébé a des troubles du sommeil

Quand le tout-petit tarde à faire ses nuits, qu’il dort très peu dans la journée, les nerfs peuvent être mis à rude épreuve. Enchaîner travail et manque de sommeil peut conduire les parents ou la nounou à franchir la limite.

La maman fait une dépression post-partum

Suite à l’accouchement, la fatigue physique et psychologique est parfois douloureuse pour certaines mamans, qui peuvent perdre pied. En cas de dépression sévère, elles peuvent être séparées de leur bébé pendant des semaines et avoir du mal à tisser un lien avec lui. Elles se sentent en échec et perdues face à ce petit être qu’elles ont du mal à comprendre, sentiment souvent exacerbé par les remarques négatives de l’entourage.

La grossesse est compliquée

La maman peut vivre une grossesse non désirée (séparation avec le conjoint, viol, etc.). Cela peut faciliter le recours à la violence envers le bébé.
En cas de grossesse rapprochée ou de famille nombreuse, la fatigue et le stress de devoir tout gérer peuvent être également des éléments déclencheurs.

Bébé vit avec un parent solo

Quand bébé arrive, et qu’il n’y a qu’un parent pour s’en occuper, ce dernier peut vite avoir des difficultés à tout porter sur ses épaules, surtout si l’adulte ne peut avoir de soutien extérieur.

Le nourrisson vit au milieu des conflits familiaux

L’arrivée d’un nouveau-né peut provoquer des bouleversements au sein de la famille ou exacerber les difficultés déjà présentes avant l’accouchement. Parfois, l’enfant est considéré comme responsable de ce mal-être et conduire les parents à le brutaliser.

L’adulte a des troubles psychologiques ou des problèmes de dépendance

En cas de problèmes de santé mentale, d’impulsivité, de dépendance à l’alcool, etc, l’adulte peut être amené à secouer son bébé, car il n’est pas toujours conscient de la gravité de ses actes.

La famille est connue des services sociaux

Quand l’on parle de syndrome du bébé secoué, les récidives sont fréquentes. Bien souvent, les parents ont déjà fait l’objet de contrôles.

Signalons en complément de tous ces facteurs qu’il est possible que le bébé soit secoué en jouant. Parfois, les parents pensent ainsi le faire rire, mais c’est tout l’inverse qui se produit.

Quels sont les principaux symptômes du syndrome du bébé secoué ?

Les professionnels du secteur social et médico-social doivent être attentifs à certains signes afin d’éviter les violences répétitives. À noter que ceux-ci surviennent dès que le bébé a été secoué : 

  • l’enfant ressent de la gêne face à l’adulte, fait preuve d’énervement, ne sourit plus, est en souffrance psychologique ;
  • il souffre de problèmes alimentaires, de vomissements inexpliqués ;
  • il somnole en permanence, est en état de léthargie, fait des malaises ;
  • il a des problèmes pour respirer, peut même se trouver en arrêt respiratoire ;
  • il est très pâle ;
  • il fait des convulsions ;
  • il a des blessures comme des ecchymoses et des hématomes, voire des fractures.

Si le bébé présente les symptômes décrits ci-dessus, la prise en charge aux urgences doit être rapide afin d’effectuer un examen clinique :

  • appeler le Samu (15) ou le numéro d’appel d’urgence européen (112) ;
  • s’il est inconscient, qu’il convulsionne ou qu’il vomit, le placer en position latérale de sécurité (PLS) en attendant les secours ;
  • vérifier s’il doit être couvert, lui donner un peu à boire ou à manger s’il en ressent le besoin.

Quelles sont les conséquences du syndrome du bébé secoué ?

Les trois quarts des bébés qui ne meurent pas de ce syndrome souffrent de lésions intracrâniennes (lésions cérébrales, hématomes sous-duraux situés entre la dure mère et le cerveau), de dommages au niveau des yeux pouvant causer une hémorragie de la rétine, de lésions de la moelle épinière, de la nuque, des os, etc. Ces séquelles, qui sont très graves, peuvent nécessiter des soins à vie et engendrent :

  • des problèmes de vue, voire une cécité ;
  • une audition défaillante ou une surdité ;
  • des problèmes de sommeil ;
  • des difficultés au niveau de l’alimentation ;
  • des troubles du comportement (agressivité, hyperactivité, etc.) ;
  • des problèmes au niveau de l’acquisition des connaissances et des troubles cognitifs importants ;
  • un développement psychomoteur retardé (premiers pas, premiers mots, etc.) ;
  • des handicaps moteurs (paralysie, difficultés pour se déplacer ou bouger certaines parties du corps, etc.) ;
  • des crises d’épilepsie.

Comment faire de la prévention face au syndrome du bébé secoué ?

Plus que jamais, les professionnels de la petite enfance et autres intervenants du secteur social et médico-social (puéricultrice, assistante sociale, etc.), jouent un rôle important pour tenter de prévenir ces secouements du nouveau-né et procéder à des signalements en cas de suspicion.

Sensibiliser les adultes qui rencontrent des difficultés avec un bébé

Garder un tout-petit en permanence est parfois compliqué. Cela peut engendrer de l’angoisse, de l’énervement et de la fatigue. C’est pourquoi tout adulte qui se retrouve dans une situation difficile doit être informé des comportements qu’il peut adopter pour éviter de passer à l’acte :

  • déposer l’enfant dans son lit afin qu’il ne risque pas de tomber et de se faire mal. Il peut être couché sur le dos ;
  • sortir de la pièce où se trouve le bébé pour pouvoir être seul, au calme ;
    respirer tranquillement et penser à quelque chose d’agréable ;
  • téléphoner à une personne susceptible de comprendre la situation et éventuellement lui demander de se déplacer pour apporter son aide ;
  • en cas d’impossibilité de se calmer, contacter le numéro d’urgence permettant une mise en relation avec des services de la petite enfance : le 119 que l’on peut appeler en permanence et qui permet de conseiller les adultes estimant qu’un enfant est en danger. Un tchat est aussi disponible sur le site Internet allo119.gouv.fr.

Un numéro d’écoute a été mis en place pour aider les parents angoissés, de la grossesse aux trois ans de leur enfant : le 0 800 00 34 56 (Allo Parents Bébé) disponible du lundi au vendredi de 10h à 13h et de 14h à 18h.

Le Gouvernement vient également de mettre en place une campagne de sensibilisation nationale sur ce syndrome des bébés secoués afin d’alerter chacun d’entre nous sur l’ampleur de ces mauvais traitements. Un clip choc est diffusé depuis la mi-janvier.

À noter que le bébé secoué est victime d’une infraction pénale. L’enfant en danger fait l’objet d’un signalement au procureur de la République.

Former les professionnels du secteur social et médico-social

Afin d’accompagner au mieux les adultes en situation de détresse avec leur bébé, la formation reste la meilleure solution pour optimiser cette prise en charge.

C’est pourquoi Epsilon Melia propose un programme sur deux jours pour former les professionnels sur le syndrome des bébés secoués. L’objectif est de leur permettre de renforcer leurs compétences en matière de prévention, d’observation, et d’accompagnement des publics confrontés à cette maltraitance.

Epsilon Melia est un organisme de formation pour les professionnels du social, médico-social et éducatif.  Si vous souhaitez avoir des précisions sur notre programme concernant le syndrome des bébés secoués, n’hésitez pas à nous contacter.