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Les troubles du comportement, qu’est-ce que c’est ?

Les troubles du comportement désignent un ensemble de réactions qui révèlent un dysfonctionnement chez l’enfant, l’adolescent ou l’adulte. Il s’agit d’un terme général, qui fait référence à des situations très diversifiées. Cela est perturbant à la fois pour l’individu qui en souffre, mais aussi pour l’entourage, qui se retrouve démuni face à ces attitudes considérées comme non conformes aux règles de vie en société. C’est pourquoi la formation des professionnels en contact avec des personnes victimes de ces troubles est plus que jamais nécessaire afin qu’ils puissent adopter les attitudes adéquates. Voyons comment se définit un trouble du comportement, ses causes, et comment celui-ci peut se manifester.

Il n’existe pas de définition précise des troubles du comportement

Étant donné qu’il y a plusieurs types de troubles du comportement, nous pouvons donner une définition généraliste, à savoir qu’il s’agit de conduites qui indiquent un problème d’adaptation de l’individu à l’environnement qui l’entoure. Ces comportements sont récurrents et considérés comme perturbants par la société notamment quand il s’agit de violence, d’agressivité.

Notons que cette incompréhension de l’entourage exacerbe bien souvent la souffrance des personnes atteintes de ces troubles, car elles ressentent violemment ce rejet. Elles sont alors encore plus vulnérables, ont le sentiment d’être anormales, ce qui peut faire empirer une situation déjà bien compliquée pour elles. Elles peuvent être exclues des interactions sociales, et s’isoler alors de la société.

Il est important de signaler qu’il existe également des personnes qui font preuve d’inhibition, restent en retrait, ne font pas de bruit. Même si elles ne dérangent pas, elles souffrent en silence, c’est pourquoi il est important de ne pas sous-estimer ces troubles.

Les problèmes de comportement ne doivent pas tous être considérés comme des troubles du comportement. Pour être qualifié de trouble du comportement, la personne qui en est sujette doit être en souffrance (parce qu’elle est stigmatisée, parce que son attitude lui fait peur, etc.). Ce comportement est répétitif, il dérange, et a des conséquences sur la personnalité de l’individu en question.

Les troubles du comportement sont souvent associés à d’autres troubles du développement 

En effet, ils peuvent aller de pair avec un trouble de déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH), une dysphasie, une dyslexie, des problèmes moteurs, etc. 

« Laura est auxiliaire de vie scolaire (AVS) et s’occupe d’un enfant dysphasique. À la rentrée, l’enfant est violent avec elle : il lui donne des coups de pied, la tape avec sa règle. Au bout de quelques semaines, comme celui-ci se rend compte que malgré son comportement violent son AVS ne le rejette pas, mais lui fait comprendre au contraire qu’elle entend sa souffrance, il arrête de porter des coups et ne perturbe quasiment plus le fonctionnement de la classe. »

Cet exemple montre que les individus qui sont rejetés du fait de troubles du comportement ont un risque important de voir leur situation empirer et de se retrouver en marge de la société si l’entourage ne comprend pas leur détresse. Au contraire, ils ont plus que jamais besoin de réconfort et d’attention.

Les troubles du comportement peuvent accompagner certaines pathologies 

Quand une personne a un trouble du comportement, il s’agit d’un symptôme dont la cause doit être recherchée.

Des maladies psychiques

Les troubles du comportement sont particulièrement fréquents quand un individu souffre de troubles psychiques comme les névroses, les troubles de la personnalité, les comportements bipolaires, etc. Dans ce cas, le recours à un accompagnement psychiatrique est nécessaire.

Des maladies physiques

Un trouble du comportement peut être le signe d’une pathologie physique. Par exemple, la maladie d’Alzheimer peut entraîner des changements d’humeur, une tendance à s’isoler, une désorientation, etc.
Les tumeurs au cerveau donnent aussi des symptômes comme de l’agressivité, des absences.

Mais les troubles du comportement ne sont pas toujours d’ordre physique ou psychique. Des éléments supplémentaires sont à prendre en compte.

D’autres facteurs peuvent causer un trouble du comportement

Des facteurs héréditaires

Parfois, des membres de la même famille souffrent de troubles comportementaux comme ceux qui peuvent être engendrés par la dysphasie. Les enfants ont alors plus de risques de développer les mêmes problèmes.

Des facteurs environnementaux et sociaux

Parfois, les parents se séparent ou ont de grandes difficultés financières, des problèmes d’ordre psychologique, etc. Tous ces éléments sont susceptibles de jouer sur l’attitude d’un enfant. Certains troubles du comportement peuvent aussi être associés à des carences affectives. Tout cela génère du stress et favorise l’apparition de problèmes comportementaux chez ces jeunes qui subissent quotidiennement les soucis de leurs proches. Quelquefois, s’y ajoute la violence de la famille.

Il existe différents troubles du comportement

Ces derniers peuvent différer selon l’âge de l’individu.

Les troubles du comportement les plus fréquents chez les enfants

Le trouble oppositionnel

Il entraîne de nombreux problèmes à l’enfant au sein de la société, et provoque différents symptômes :

  • le jeune se met en colère, fait preuve d’impulsivité, d’agitation, il est irritable (perte de sang froid, humeur changeante, etc.) ;
  • il provoque les autres, refuse toute autorité, énerve délibérément l’entourage ;
  • il fait preuve de malveillance, le malheur des autres lui fait plaisir.

Le trouble des conduites 

Les signes sont les suivants :

  • l’enfant fait du mal aux personnes qu’il côtoie ainsi qu’aux animaux (intimidations, menaces, tortures, rapports sexuels forcés) ;
  • Il a recours au vandalisme : il fait exprès de détruire les biens ou objets des autres ;
  • Il ment ou vole ;
  • Il viole les règles : par exemple, il s’enfuit de la classe, il ne rentre pas chez lui pendant plusieurs jours, etc.

À noter que même si ces agissements commencent bien souvent dès l’enfance, ils sont également possibles à l’adolescence.

Les troubles du comportement les plus connus chez les adultes et les adolescents

Cette liste des troubles du comportement est non exhaustive, car il ne faut pas oublier les attitudes déviantes comme la pyromanie (fascination pour le feu), la cleptomanie (vols à répétition), etc. Toutefois, les plus courants sont les suivants :

Les troubles des conduites alimentaires (TCA)

Les deux formes les plus répandues dans les troubles du comportement alimentaire sont :

  • l’anorexie : concerne généralement les adolescents. Ces derniers se privent volontairement de manger, et ce, sur de nombreux mois, voire des années. Cela entraîne une forte perte de poids pouvant avoir des conséquences extrêmement graves, voire fatales ;
  • la boulimie : elle prend la forme de crises lors desquelles la personne va ingurgiter une quantité impressionnante de nourriture pendant un temps très court. Ces crises sont suivies de ce que l’on nomme des comportements compensatoires : vomissements que la personne va provoquer, prise de laxatifs, etc. Ceci l’empêche de grossir, à l’inverse de l’hyperphagie boulimique qui entraîne souvent une obésité, car les crises ne sont pas suivies de ces comportements compensatoires.

Les addictions

La détresse entraîne bien souvent des comportements addictifs aux conséquences néfastes pour la santé. La guérison est difficile, et les rechutes nombreuses :

  • l’addiction à l’alcool, drogues (cannabis, drogues dures), médicaments : ces consommations permettent aux personnes atteintes de troubles du comportement de calmer leurs angoisses et de s’évader. Elles mélangent parfois plusieurs drogues, se mettant ainsi encore plus en danger. Elles deviennent rapidement dépendantes ;
  • l’addiction à l’argent : les personnes victimes de ces troubles ont parfois du mal à gérer correctement leurs ressources. Elles sont accros au jeu, dépensent sans compter, ce qui peut les conduire à des dettes ou découverts très importants ;
  • l’addiction sexuelle ou dépendance sexuelle : cela concerne surtout les individus de sexe masculin. Ils perdent entièrement le contrôle sur leur sexualité. Ces comportements sont répétitifs malgré les conséquences négatives, la honte et la culpabilité que cela entraîne.

Les troubles obsessionnels compulsifs (TOC)

Ils touchent les personnes ayant des troubles de l’anxiété. Ces dernières ont des obsessions qu’elles tentent de soulager par des rituels, des gestes répétitifs. Elles ont conscience que leur comportement est irrationnel, mais elles ne parviennent pas à s’arrêter.

Exemples de TOC : vérifier plusieurs fois qu’une porte est fermée à clé, se laver constamment les mains par peur des microbes, ranger les choses toujours de la même manière car le moindre écart peut générer de la panique, nettoyer un lieu ou un objet plusieurs fois par jour, etc.

Ces attitudes entraînent de l’inquiétude, de la honte chez ces personnes.

Les phobies

L’individu qui a des phobies focalise sa peur sur une activité, un objet, une situation particulière alors que cela ne se justifie pas. Il a conscience que son angoisse est exagérée, mais il ne peut s’empêcher d’éviter ce qui l’inquiète. Nous avons tous des peurs, nous sommes même nombreux à avoir de petites phobies (peur des araignées, des chiens, etc.). Généralement, nous arrivons à vivre avec ces craintes et nous nous adaptons (et nous ne voyons pas non plus tous les jours des mygales).

Toutefois, la phobie devient pathologique lorsque la personne voit sa qualité de vie altérée, lorsqu’elle est obligée de réduire ses activités au quotidien. C’est notamment le cas de la phobie sociale (peur du jugement des autres lors de prise de parole en public, par exemple) et de l’agoraphobie (peur de se retrouver dans des lieux où il y a de la foule). Dans ces deux cas, la personne peut finir par ne plus pouvoir sortir de chez elle et entrer en dépression.

Face à ces différents troubles du comportement dont les conséquences peuvent parfois être sévères, comment agir ?

Des solutions existent pour une meilleure prise en charge des troubles du comportement

Face à tous ces bouleversements, certains individus auront du mal à exprimer leur mal-être. Bien souvent, ils éprouvent de la honte, ont peur d’être incompris, moqués. Ils pensent qu’aucune solution ne pourra être trouvée, et préfèrent donc s’exclure du reste de la société. Pourtant, un diagnostic des troubles de comportement est indispensable si l’on veut que les personnes en souffrance aient un traitement thérapeutique adéquat.

Diagnostiquer le trouble

Dans un premier temps, le mieux est que la personne qui souffre fasse appel à un professionnel en qui elle a confiance. Un ami, un membre de la famille peut aussi donner l’alerte. La personne en difficulté peut se tourner vers le médecin de famille, un psychiatre, le travailleur social de l’école de l’enfant concerné par un trouble, etc.
Ce sont eux qui pourront reconnaître les signes d’une situation problématique, et faire les démarches nécessaires.
Le traitement d’un trouble du comportement est long et délicat, c’est pourquoi la formation des professionnels du secteur social et médico-social a toute sa place, car ils sont des partenaires essentiels dans la procédure d’accompagnement.

Former les professionnels du secteur social et médico-social

Les intervenants du champ social et médico-social sont souvent confrontés à des situations complexes auxquelles ils ne peuvent malheureusement pas toujours apporter de réponse rapide et efficace. Des formations existent pour les aider à repérer au mieux les différents troubles du comportement et adopter les bonnes attitudes.

Chez Epsilon Melia, nous sommes conscients des difficultés auxquelles sont confrontés quotidiennement les professionnels qui accompagnent des personnes souffrant de troubles du comportement. C’est pourquoi nous avons créé un programme de 3 jours pour répondre au mieux aux besoins de chacun. Cette formation intitulée Troubles du comportement : comprendre et accompagner permet entre autres :

  • de connaître les différents troubles du comportement ;
  • d’apprendre les attitudes qui peuvent apaiser les personnes souffrantes ;
  • de savoir établir des limites ; 
  • de pouvoir affronter les différentes situations conflictuelles, etc.

Si vous souhaitez obtenir des informations complémentaires sur nos formations, nous vous invitons à nous contacter.